L'école en mouvement

Luc Plante architecture + design
Charles Godbout, Topo design

013PRJ

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Le contexte et la problématique

Il est de notoriété publique que l’état de vétusté de très nombreuses écoles au Québec pose un problème majeur. Plusieurs établissements doivent faire l’objet de décontamination, de rénovation, d’agrandissement ou de reconstruction. Parmi les enjeux, la relocalisation des élèves durant les travaux, qui peuvent s’échelonner sur une longue période, vient rajouter à la complexité de la logistique entourant cette problématique.

Le fait de déraciner les écoliers de leur communauté pour les caser dans des bâtiments souvent non adaptés, comme d’anciens édifices administratifs ou autres, prive les enfants d’un environnement stimulant pendant une période cruciale de leur développement, sans compter le transport supplémentaire que cela occasionne.

Ces bâtiments doivent eux-mêmes être mis à niveau pour y accueillir temporairement les élèves. Les dépenses engendrées par ces travaux se rajoutent à l’ensemble des coûts et se traduisent souvent en perte sèche à la fin de l’exercice. À défaut d’accès à ces immeubles, l’utilisation de roulottes de type «chantier» n’offre pas non plus une solution emballante.

Le concept

L’école en mouvement propose une solution d’avant-garde sur le plan architectural basée sur la juxtaposition de modules préfabriqués en aluminium afin de créer des écoles temporaires offrant un cadre de vie dynamique dans un environnement sain.

L’approche de design et d’ingénierie de ces modules comprenant les classes, la cafétéria, les bureaux et le bloc sanitaire mise stratégiquement sur les propriétés intrinsèques de l’aluminium qui permet de réaliser des structures performantes entièrement modulaires, démontables, reconfigurables, relocalisables et recyclables, ce qui leur confère en plus l’avantage d’une très longue durée de vie utile.

Axés sur une vision moderne de l’enseignement, ces espaces à aires ouvertes privilégient notamment la qualité de la lumière, de l’aération et de l’acoustique ainsi que la polyvalence d’aménagement.

Ne requérant pas de fondation excavée, ces écoles temporaires peuvent s’installer sur le terrain adjacent au lieu même du bâtiment en cours de rénovation ou sur des terrains à proximité (loués ou prêtés).

Un système constructif «tout aluminium»

Le module type, d’une superficie de 1280 pieds carrés (près de 120 m2), est issu d’un système constructif qui offre une très grande variété de configurations tout en requérant un minimum de planification grâce à sa flexibilité et à sa faculté d’adaptation à diverses implantations.

Conçu spécifiquement pour le projet de L’école en mouvement, ce système modulaire est constitué de cadres porteurs (comme des cellules) de 8 pieds sur 8 pieds qui se multiplient pour former le plancher et le plafond supporté par un ensemble de colonnes et de poutrelles.

Ces cadres, préfabriqués en usine, comprennent l’isolant, les composants de bris thermiques, les gaines de ventilation et de chauffage ainsi que les conduits électriques. Assemblés par boulonnage sur le site et mis de niveau sur une trame de pilotis, ils offrent la possibilité de créer de nombreuses variantes de géométries de surfaces.

Des panneaux de revêtement de planchers, des panneaux de plafond acoustiques, un mur rideau intégral avec vasistas, des cloisons acoustiques autoportantes, des panneaux de toiture ainsi que des modules lanterneaux dotés de grands panneaux solaires complètent le système.

L’apport complémentaire en énergie par la captation solaire pourra contribuer notamment à alimenter les câbles chauffants destinés à protéger du gel les conduites d’eau temporaires en surface ainsi que les réservoirs d’eaux usées.

Un environnement ludique et interactif

Le bardage extérieur des modules est constitué d’un ensemble de petits volets en aluminium qui, agissant comme des pare-soleils, s’ouvrent et se referment pour réguler l’entrée de la lumière et contrôler les gains de chaleur selon l’orientation du bâtiment et/ou la saison, en plus de calibrer le niveau d’intimité souhaité.

Lors de séances créatives encadrées par les enseignants, les écoliers auront le loisir de s’amuser eux-mêmes à varier l’apparence extérieure de leur école. À partir du principe d’ouverture des volets, ils pourront proposer tout un univers chromatique en créant une variété de motifs aléatoires ou rythmiques selon l’inspiration.

Ces volets sont montés sur de plus grands cadres verticaux qui s’ouvrent comme des portes pliantes sur rails pour assurer, au besoin, une pénétration complète de la lumière à travers les grandes baies vitrées.

Cette interactivité, conçue comme une forme d’art cinétique, laisse libre cours à l’appropriation du lieu par les enfants et contribue à stimuler leur appartenance au milieu scolaire, surtout en période de transition.

Sans laisser de traces

Bien que ces modules puissent également être implantés de manière permanente, ou utilisés à d’autres fins (cliniques médicales, centres culturels ou communautaires, etc.), l’idée maîtresse qui caractérise L’école en mouvement puise son essence dans la notion de mobilité.

Favorisant un modèle financier basé sur la location, l’école, une fois sa mission accomplie, peut alors être démontée et déplacée, laissant le terrain utilisé dans son état d’origine.