Sans détour

ADHOC architectes
Jean-François St-Onge, architecte
François Martineau, architecte
Tania Paula Garza, stagiaire en architecture
Pascale Bornais-Lamothe, stagiaire en architecture

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L’arrondissement de Verdun à Montréal révèle deux microcosmes singuliers dont les dualités jumelées à la frontière représentée par le fleuve créent un clivage. Afin de mettre en relation ces deux univers qui ont tant à offrir aux citoyens de l’autre rive, nous créons un pont, point d’articulation reliant le parc J. Albert Gariépy sur l’île de Montréal au parc Marin de l’Île-des-Soeurs.

RELIER DEUX MONDES QUI ONT TANT D’ATOUTS À PARTAGER

1- Expérimenter des modes de vie complémentaires
Unir les deux rives de l’arrondissement, c’est créer une proximité nouvelle et favoriser les découvertes en mariant deux modes de vie. Premièrement, celui de la vie urbaine pétillante, le dynamisme montréalais de Verdun, son coeur économique animé par ses nombreux commerces, épiceries, bars et restaurants avec la verdoyante cité-jardin de l’île-des-Soeurs, ses services récréatifs et son environnement naturel et apaisant.

2-Absorber les inégalités pour une cohabitation paisible
Statistique Canada dresse un portrait du revenu médian par ménage divisant les deux rives de l’arrondissement. Sur le terrain, cette frontière à la fois physique et immatérielle est palpable. Les citoyens de l’Île-des-Soeurs ne s’identifient pas à Verdun et réciproquement. Il est temps de rejoindre ces deux grandes solitudes. Grâce à l’inauguration de cet axe, les deux secteurs hétérogènes bénéficient d’une mixité sociale nouvelle et diluent leurs frontières au sein d’un projet commun : le vivre ensemble.

3-Connecter les deux rives pour offrir un service d’urgence
L’essor récent de la Pointe Nord et de la Pointe Sud de l’Île-des-Soeurs ont mis un important problème de sécurité civile en lumière : la capacité d’intervention des services d’urgence, notamment des pompiers se révèle très insuffisante. En effet, le seul accès à l’Île-des-Soeurs est partagé avec le pont Champlain, le plus fréquenté du Canada. Deux solutions s’offrent à la communauté insulaire : construire une nouvelle caserne ou bien construire un pont pour les services d’urgence pour profiter des infrastructures actuelles situées sur l’Île de Montréal. La création de ce nouvel accès pour les urgences discuté par des générations de politiciens locaux et nationaux est un enjeu majeur et se révèle plus que jamais d’actualité.

UNE CONNEXION AUDACIEUSE CÉLÉBRANT L’ALUMINIUM

1-Réinventer un archétype
Symbole de transition et de transformation, le pont marque un lien entre deux lieux géographiques se manifestant dans l’imaginaire collectif par une succession d’arches en pierre. L’objectif est d’insuffler de la légèreté à cet archétype grâce à l’aluminium tout en conservant son aspect rassembleur et unificateur.

2-Flâner, une morphologie propice aux rencontres
Lieu de flânerie et de déambulation à pied ou à vélo, le pont devient un prétexte aux rencontres et aux sorties. Sa morphologie ondoyante dessine une succession de trois places publiques invitant le promeneur à s’y arrêter. Libre à chacun de s’offrir une halte contemplative vers le paysage verdunois animé par le fleuve ou simplement établir le contact avec l’autre rive. Lors d’une intervention d’urgence, les places peuvent accueillir piétons et cyclistes de manière sécuritaire afin de libérer la voix centrale.

3-S’émerveiller, une matérialité changeante et chatoyante
Léger, durable, non corrosif et malléable, l’aluminium est le matériau des possibilités infinies. De plus, le Québec étant pionnier dans la construction de ponts en aluminium, ce matériau s’impose naturellement. L’ondulation formelle de l’ouvrage propose un défi technique célébrant le potentiel du matériau. Un projet d’ingénierie civile de cette ampleur devient une vitrine privilégiée qui offrira une variété de possibilités nouvelles dans la ville. La structure d’aluminium est revêtue de panneaux de mousse d’aluminium, solution innovante et peu répandue. Translucide au coucher du soleil, laissant transparaître la lumière dorée et la structure, le pont revêt une matérialité opaque, réfléchissante et étincelante lorsque le soleil est à son plus haut, animant ainsi l’ouvrage au fil des heures du jour.

4-Habiter le fleuve, habiller le paysage
Les montréalais habitent une île dont les berges ne s’offrent pas facilement. Dans le cadre de ce projet, chaque pilier du pont invite les promeneurs à descendre un escalier hélicoïdal spectaculaire au coeur de la structure jusqu’aux plateformes présentes au niveau de l’eau, rapprochant les habitant de leur fleuve. Un lien nautique s’instaure avec la rive comme le projet de plage à Verdun, soutenant ainsi les projets de la ville.

5-Se responsabiliser, une approche durable et écologique
L’utilisation de l’aluminium constitue en soi une approche durable par ses qualités de durabilité, son abondance et sa possibilité infinie de recyclage. De plus, le projet participe à constituer un réseau de mobilité axé sur le vélo, la marche et le métro. Finalement, fourni et mis en oeuvre par des manufacturiers québécois, le projet propose de tirer profit des forces existantes de son milieu tout en mettant un savoir faire local sur la scène internationale par la mise en place d’un projet novateur et porteur sur les plans économiques, sociaux et environnementaux.