Lollypop

Antonio Camara, Architecte OAQ

013PRJ

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Inspiré des principes architecturaux que nous retrouvons dans les constructions inuits
(igloos), Lollypop se veut une structure légère à double usage, servant de refuge pour les
personnes ayant besoin d’un hébergement temporaire d’urgence hivernal ainsi qu’un lieu
de plaisance et d’observation pour la communauté.

Lollypop répond au manque de lits d’urgence en ville et offre un espace ludique pendant
les festivals d’hiver. La structure permet l’accueil de 2 à 3 occupants par nuit (en mode
refuge) et de plusieurs visiteurs pendant le jour (en mode observatoire).

La simplicité de déploiement du système Lollypop permet d’occuper les endroits couverts
par la neige en hiver (esplanades, parcs et montagnes) et rend facile son rangement en
été pour faire place aux activités estivales.

Grâce à la malléabilité et la légèreté de l’aluminium, les unités Lollypop sont faciles à
reproduire et à transporter. Son enveloppe est composée de 36 modules répétitifs mobiles
qui sont installés sur une structure rigide ancrée au sol. Cet assemblage permet la
réparation, le recyclage et le montage de manière rapide et efficace.

En mode refuge (360 dégrées), Lollypop adapte de manière contemporaine le principe de
ventilation provenant des igloos, soit une source de chaleur et une cheminée d’évacuation.
La chaleur est émané des feuilles d’aluminium chauffantes sous le plancher et la
ventilation est effectuée par l’oculus supérieur. Au cours de la journée, l’oculus permet
aussi l’entrée de lumière qui, grâce aux parois intérieures réfléchissantes en aluminium,
produit l’éclairage interne de manière naturelle.

Chacun des 36 modules de peau est composé de deux écailles en aluminium supportées
par une structure en treillis en forme d’alliage. Entre ces deux écailles, nous retrouvons, en
« sandwich », une membrane gonflable en ETFE (Éthylène tétraflouroéthylène), un
polymère flexible, transparent, facilement déployable et résistant à la corrosion qui permet
l’isolation en mode refuge. Le caractère résistant de l’aluminium permet la protection de
cette membrane, essentiel au bon fonctionnement du Lollypop.

L’autonomie de l’unité est assurée par des panneaux solaires apportant l’électricité requise
à la faible consommation énergétique du plancher chauffant et des luminaires LED.
La batterie, permettant d’emmagasiner cette électricité, se cache à l’intérieur de la
plateforme, entre le plancher et la structure.

Dans notre climat nordique, Lollypop se veut donc une icône architecturale ainsi qu’une
solution innovante luttant contre le manque d’hébergements d’urgence au Canada, tout en
gardant un côté ludique. Lollypop, c’est un refuge de plaisance surplombant les
montagnes canadiennes, un coin de repos semi-ouvert lors d’une longue randonnée dans
le bois et une plateforme d’observation pendant une aurore boréale. Lollypop est un phare
lumière en ville, un espoir de chaleur lors d’une nuit hivernale à -40 quelque part…

* En 2016, le Canada comptait 150,000 personnes ayant besoin d’un refuge d’urgence. Au même
moment, The Canadian Press indiquait d’ailleurs que les lits d’urgence fournis par l’état étaient
insuffisants dans l’ensemble du pays.